Les petits pieds mouillés

C’était un Mercredi tout gris.

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Je suis allée chercher Mahaut chez Tatie. Elle était à peine réveillée de sa sieste mais déjà en pleine forme. Elle baragouinait quelques mots reconnaissables dans des phrases tarabiscotées, comme si ses pensées avançaient plus vite que les mots qu’elle devait prononcer pour les formuler. Tout sourire, comme d’habitude.

On est rentrées à la maison en se demandant ce qu’on allait pouvoir faire de cette après-midi grisâtre. J’ai regardé assez longuement le ciel à travers la fenêtre avant de prendre ma décision : on allait partir à pied à l’école pour rejoindre Alice. Mahaut a besoin de se dépenser et adore l’espace que lui donne l’extérieur. Elle court, elle court…puis elle s’arrête manger deux ou trois cailloux. Parfois elle tombe mais se redresse aussitôt et repart. Nous arrivons vite à l’école, elle va tellement vite, plus vite que moi! « Cours Maman! ».

J’ouvre le portail de l’école. Mahaut file aussi vite que ses petites jambes le lui permettent, direction le toboggan. Elle fait tout à cent à l’heure. Elle m’impressionne par son énergie et chose plutôt incroyable, au lieu d’en perdre moi – même, elle m’en donne! Sur le toboggan, elle rencontre une petite fille. Il s’agit d’une de nos voisines que l’on croise de temps en temps dans l’ascenseur. Elle m’a fait rire : lorsque je lui ai fait remarqué que nous habitions pas loin l’une de l’autre, elle m’a répondu le plus sérieusement du monde « J’habite sur Terre. Vous aussi, vous habitez sur Terre? ».

Nous avons pris un autre chemin pour rentrer : là où il y a moins de routes à traverser et qui mène tout droit au grand toboggan.

Il faisait un peu frais, l’herbe était mouillée mais ce n’était pas cela qui allait les arrêter. La simple vue du toboggan provoqua une crise d’hystérie contagieuse. Malheureusement, au bout de quelques minutes, un besoin pressant d’Alice nous a contraintes à rebrousser chemin. Je me suis dit qu’on pourrait alors faire un gâteau dans notre tout nouveau moule ‘Madame Princesse ». Mais sentant la déception et la frustration d’être rentrées si tôt, je leur ai proposé de retourner au toboggan après la pause pipi…avec les bottes!

Ô joie, ô bonheur! On peut bien avoir tous les jouets du monde à notre portée, il suffit de tellement peu de choses pour les rendre heureuses. Des bottes et des flaques d’eau! Poser le pied dans l’eau, le regarder disparaître dans l’eau noire…cette sensation de braver l’interdit.

On a marché jusqu’au toboggan, on a trouvé une petite peluche dans l’herbe que j’ai oublié de mettre sur internet au cas où quelqu’un la chercherait.

Elles ont enlevé leurs bottes pour glisser plus facilement. Elles ont couru en chaussettes dans l’herbe mouillée. Elles ont rigolé, fait dix mille tours de toboggan, rentrées en joie, les petits pieds mouillées, un peu fatiguées. Elles ont filé au bain pour se réchauffer.

Le dîner s’est passé dans le silence presque complet. Une soirée si calme, si sereine. Une fin de journée presque parfaite.

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